Réunis le 29 septembre au Village by CA de Dijon, les acteurs de l’économie sociale et solidaire (ESS) de Bourgogne-Franche-Comté ont échangé autour d’un sujet désormais incontournable : l’intelligence artificielle et ses conséquences sur le travail, le management, le dialogue social et la qualité de vie au travail.
Organisée par l’Udes, cette rencontre régionale a rassemblé employeurs, responsables RH, représentants des salariés et experts pour partager leurs expériences et identifier les conditions d’une transition numérique compatible avec les valeurs de l’ESS.
La question du dialogue est revenue au premier plan, tout comme celle de la place centrale de la gouvernance humaine, qui doit utiliser l’intelligence artificielle comme un outil et non comme une finalité. La rapidité de l’évolution de l’IA laisse parfois peu de temps aux organisations pour s’adapter aux changements qu’elle entraîne. Une interrogation demeure alors : quel niveau de gain de productivité faut-il réellement rechercher ?
Sur ce point, David Cluzeau, président de l’Udes, se veut rassurant :
« La question de la productivité n’est pas aujourd’hui le principal prisme à travers lequel l’ESS appréhende l’intelligence artificielle. La véritable force de cette économie réside dans l’humain. En tant qu’employeurs de l’ESS, nous représentons une économie à part entière, avec une manière différente d’entreprendre. Nous n’avons pas besoin de viser une rentabilité toujours plus élevée. Autour du sujet de l’IA, nous devons garder à l’esprit que le progrès technologique doit avant tout contribuer au dialogue social. »
Pour les structures de l’ESS, l’IA interroge directement l’organisation du travail, l’évolution des compétences, les pratiques managériales et la place du dialogue social dans l’accompagnement du changement.
La table ronde animée par Arnaud Pesson a réuni Guillaume Mesmin (MACIF), Alexa Kehailia (MGEN), Vanessa Grillet (Aract Bourgogne-Franche-Comté), Mélanie Milon (PEP Bourgogne-Franche-Comté / CFDT) et Manuella Pinto, vice-présidente en charge du développement territorial de l’Udes. Tous ont souligné la nécessité d’encadrer les usages de l’IA, de former les équipes et d’associer les salariés dès les premières étapes des projets.
Les débats ont également mis en lumière plusieurs points de vigilance : protection des données, transparence des usages, maintien de l’autonomie professionnelle et préservation de la dimension humaine des métiers de l’accompagnement, du soin, de l’insertion ou de l’éducation. Si l’IA peut alléger certaines tâches administratives, elle ne doit pas se substituer à la relation humaine qui constitue le cœur de nombreux métiers de l’ESS.
L’après-midi s’est poursuivie par deux ateliers participatifs consacrés à l’utilisation responsable de l’IA dans les organisations et à ses impacts
sur la qualité de vie et les conditions de travail. L’occasion pour les participants de repartir avec des repères concrets et des pistes d’action adaptées à leurs réalités de terrain.
À Dijon, cette rencontre régionale aura finalement démontré que le défi n’est pas tant d’adopter l’intelligence artificielle que de construire collectivement les conditions de son développement, au service de l’utilité sociale, de la qualité du travail et des personnes accompagnées.
Cette action a été menée avec le soutien de la Dreets Bourgogne-Franche-Comté et du Fonds social européen (FSE+), partenaires de l’Udes dans l’accompagnement des transitions qui impactent les employeurs et les salariés de l’ESS, ainsi que la MGEN, Upcoop et AG2R La Mondiale.


















