L’UDES est mobilisée depuis le début de la crise sanitaire pour relayer les préoccupations des employeurs de l’ESS et alerter les pouvoirs publics sur les grandes difficultés engendrées par la situation exceptionnelle que notre pays traverse.
L’UDES poursuit son action afin que l’économie sociale et solidaire soit durablement et efficacement prise en compte dans la gestion de cette crise sanitaire et économique sur l’ensemble du territoire. Vous pouvez consulter ici les actions menées en Bourgogne-Franche-Comté.
Afin de poursuivre le travail de plaidoyer auprès des acteurs politiques locaux - dans un contexte où les plans de relance régionaux et nationaux sont en passe d’être engagés - l’UDES souhaite désormais mettre en avant les actions et l’engagement des entreprises de l’ESS durant la crise en donnant la parole aux employeurs mobilisés en première ligne.
Xavier COQUIBUS, Directeur Général de l’association Eliad, répond à nos questions.

Pouvez-vous vous présenter ainsi que votre structure en quelques mots ?
Eliad est une association récente, née le 30 avril 2013 de la fusion de la FASSAD Haute-Saône et de l’ASSAD Besançon-Pontarlier, toutes deux présentes depuis de nombreuses années dans le paysage de l’aide à domicile. Eliad allie donc tout à la fois l’expérience de ses associations d’origine et le dynamisme d’une nouvelle structure.
Bâtir le scénario du libre choix pour la personne, souvent celui de rester chez elle le plus longtemps possible, contribuer à fluidifier le parcours des personnes fragilisées par l’apport de solutions modulables basées sur nos compétences et notre capacité à innover, tels sont nos objectifs. La création de nouvelles formes d’accompagnement et l’adaptation de l’offre existante sont indispensables mais nous souhaitons également poursuivre notre action dans le dépistage et la prévention de la perte d’autonomie.
L’élaboration de projets d’aide et d’accompagnement individualisés, l’innovation dans la prise en charge au quotidien de la personne, le déploiement sur notre secteur de services tels que les accueils de jour, la poursuite du programme d’« Aide aux aidants familiaux », la lutte contre la dénutrition…, la formation et l’accompagnement de nos salariés, tout cela participe à la reconnaissance de l’aide à domicile, à l’adaptation par la professionnalisation de ses métiers et à la concrétisation de nos engagements. L’envie d’entreprendre et de répondre aux besoins des personnes conduit nos actions et nos projets. Mais au-delà de leur bien-être, c’est bien en faveur de l’intérêt général qu’Eliad souhaite apporter sa contribution. La culture et les valeurs d’Eliad sont mobilisées pour relever le défi majeur d’un accompagnement des personnes respectueux, bienveillant et favorable, en cohérence et en proximité avec les territoires.
Comment avez-vous vécu cette crise au sein de votre structure ?
Nous avons dégradé de manière très forte l’activité pour les publics les moins dépendants et pour toutes les activités ne relevant pas d’actes essentiels. En pleine crise que nous avions anticipé, nous avons mis en chômage partiel environ 500 salariés et suspendu les interventions pour plus de 4000 personnes. La pénurie d’EPI à l’époque était telle, qu’il n’y avait pas d’autre solution pour protéger les salariés et les usagers et éviter la prorogation du virus, c’était également l’exigence de l’état ( Président de la République). Cette démarche a été comprise par l’ensemble des usagers et salariés mais un peu violente dans sa mise en œuvre, compte tenu des délais très courts pour réaliser tout cela.Il y avait beaucoup d’incertitudes et d’inconnus, donc un certain malaise.
L’ambiance était assez pesante dans les bureaux et à domicile, car tout le monde était conscient de la gravité de la situation avec peu de vision sur les semaines à venir. Pour autant, les salariés sur le terrain ont fait face et ils nous ont fait confiance. Nous avons garder contacts quotidiennement avec eux grâce au télétravail et aux personnes restées sur site physiquement au siège et sur nos sites administratifs distants (service très restreints). Nous avons utilisé toutes les voies de communication existantes ( téléphone,internet, sms, visio et audio conférence,courriers, site extranet interne spécifique aux salariés..).
Les EPI étaient distribués et les salariés formés au fur et à mesure des distributions et des approvisionnements qui se déroulaient sur nos sites. Le domicile a cet inconvénient, la plupart des salariés partent de leur domicile le matin pour aller à celui des personnes aidées et ils doivent venir spécifiquement sur les sites pour s’approvisionner (chronophage). Nous avons maintenu les liens avec les usagers via une veille téléphonique chaque semaine et davantage si nécessaire, soit entre 3000 et 4000 appels/semaine.Beaucoup d’usagers et de familles nous ont remercié pour cette démarche de suivi et de veille sanitaire. Au fil des semaines, nous avons remis des interventions ou recalibré ces dernières grâce à cette proximité des besoins.
Notre site extranet a servi énormément pour donner les consignes et doctrine de l’ARS en termes d’EPI ,conduites à tenir pour nos salariés... Nous avons mis en place des vidéos et diaporama pour les EPIS ou consignes (lavage des mains, mise de masques...) Nous avions des liens permanents avec l’ARS, les département financeurs et nos fédérations pour des coordinations.
Quelles actions spécifiques votre structure a-t-elle mis en place durant cette crise ?
Une formation a été mise en place spécifiquement pour le domicile avec la collaboration du CPIAS de BGFC et de l’ARS.
Quels sont vos principaux enjeux dans les prochains mois ?
Pérenniser les emplois car les impacts et la perte d’activité est importante malgré la compensation de l’état sur les dispositifs de chômage partiel. L’activité n’a pas repris complétement et les semaines qui s’annoncent sont encore incertaines.
Téléchargez l'interview de Xavier COQUIBUS, Directeur Général de l’association Eliad













