Cycle IA et ESS #3 : pratiques et compétences de demain

Le 29 avril 2026, l’Udes a organisé à Angers la troisième et dernière conférence de son cycle consacré à l’intelligence artificielle dans l’ESS. Cette rencontre a réuni employeurs et dirigeants de l’ESS, acteurs de l’emploi et de la formation, partenaires institutionnels ainsi qu’étudiants. L’objectif : interroger l’évolution des pratiques professionnelles et managériales à l’ère de l’IA et anticiper les défis liés à l’intégration des futurs salariés dans les structures de l’ESS. 

 

Numérique et médiations sociales : travaux de recherche pluridisciplinaires  

En début d'après-midi, Richard Gaillard, professeur de sociologie à l’Université d’Angers et responsable de la chaire FairS a présenté ses réflexions sur le numérique et les médiations sociales. Il a rappelé que les outils numériques ne sont jamais neutres : s’ils peuvent favoriser le collectif et l’accès aux droits, ils peuvent aussi générer de nouvelles formes d’isolement. 

La dématérialisation des démarches administratives a, par exemple, facilité certaines démarches pour une partie de la population. À l’inverse, pour d’autres publics, elle a renforcé les difficultés d’accès aux droits.  

Richard Gaillard a également souligné les transformations profondes des métiers du travail social liées au numérique : multiplication des outils de suivi, contrôle de plus en plus important de l’activité des professionnels et une dématérialisation croissante des démarches. Ces évolutions peuvent parfois générer de la frustration chez les usagers, qui se répercutent sur les professionnels. 

 

Repenser l’intégration des futurs salariés à l’ère de l’IA 

Amélie Cordier, fondatrice de Graine d’IA, est ensuite revenue sur les enjeux d’attractivité des métiers de l’ESS à l'ère de l'IA. 

Elle a observé qu’une majorité de jeunes utilisent déjà l’IA au quotidien, notamment dans leurs études ou et au travail. Elle a noté cependant un manque de cadre de l'utilisation de ces outils et un manque de compréhension du fonctionnement de l'IA, de son impact environnemental et des enjeux juridiques et éthiques que cela soulève. 
 

Les défis de l’IA dans l’ESS 
Amélie Cordier a identifié plusieurs enjeux majeurs pour les structures de l’ESS : 

  • La montée en compétences : elle a insisté sur l’importance de l’esprit critique. Dans un contexte où certaines compétences techniques peuvent être remplacées ou automatisées, il devient essentiel de former à l’analyse critique des résultats produits par les outils d’IA. Elle a invité les structures à interroger leurs usages : « Qu’est-ce que l’on ne ferait pas avec l’IA ? », notamment au regard des impacts environnementaux. 
  • L’intégration et la formation des nouvelles générations : à l’ère de l’IA, certaines tâches traditionnellement confiées aux juniors risquent d’être automatisées, ce qui pose la question des parcours d’apprentissage, de la transmission des savoirs et de la construction de l’expertise professionnelle. 
     

Des pistes d’action concrètes pour l’ESS 
Pour répondre à ces défis, plusieurs pistes ont été évoquées : 

  1. La mutualisation des moyens à l’échelle de l’ESS, notamment autour de l’achat de matériel ou de capacités de calcul. 
  2. L’exigence collective, selon Amélie Cordier, pour le développement de modèles d’IA plus légers, moins énergivores et davantage adaptés aux besoins réels des structures. 
  3. Le soutien à la recherche-action, à l’image du LaborIA, laboratoire dédié à l’impact de l’intelligence artificielle sur le travail. 

 

Favoriser le débat collectif autour de l’IA 

L’après-midi s’est poursuivi avec un atelier collectif animé par l’Uriopss Pays de la Loire autour des idées reçues liées à l’IA. Les échanges ont mis en évidence l’importance du dialogue collectif dans les organisations autour des différences d’usage de l’IA entre les salariés. 

L'atelier animé par l'Apec a souligné la nécessité d’associer les salariés aux réflexions sur les usages de l’IA et de construire collectivement des cadres adaptés aux valeurs du secteur. 

 

 

IA et ESS : quelles perspectives ? 

Cette troisième conférence clôture un cycle de travail qui a permis de faire émerger plusieurs constats : la nécessité d’accompagner les employeurs dans leurs usages de l’IA, l’importance de la montée en compétence collective, mais aussi le besoin de construire des espaces de réflexion et de dialogue adaptés aux spécificités de l’ESS. 

 

L’Udes remercie l’ensemble des intervenants et partenaires ayant contribué à cet évènement. 

Ils nous soutiennent : 

         

 

Pays de la Loire

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Chiffres clés

En Pays de la Loire, l’ESS emploie 165 413 personnes, ce qui représente 13,1 % de l’emploi salarié sur le territoire. La région compte 15 419 établissements employeurs, soit 12,7 % du total des établissements de la région.

Source : Edition 2020 de l’Atlas commenté de l’économie sociale et solidaire, Observatoire national de l'ESS – ESS France

 

En Pays de la Loire, l’UDES représente* plus de 59 000 salariés et environ 2 290 entreprises :

  • Services sanitaires, sociaux, médico-sociaux à domicile et services à la personne : 318 structures et 11 303 salariés
  • Etablissements sanitaires, sociaux et médico-sociaux : 96 structures et 15 755 salariés
  • Mutualité : 15 structures et 7 400 salariés
  • Spectacle, Animation, Activités récréatives, Sport, Education populaire : 1 454 structures et 11 84 salariés
  • Coopératives : 218 structures et 7 668 salariés
  • Insertion, Formation, Actions de prévention et d’accompagnement à caractère social, Petite enfance : 191 structures et 5 914 salariés

Source : Analyse interne réalisée par le pôle relations sociales de l'UDES (octobre 2022)

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