Rencontre régionale. L’ESS face à l’intelligence artificielle, éthique, conditions de travail et dialogue social

Le 11 mars 2026, l’Union des employeurs de l’économie sociale et solidaire a organisé sa rencontre régionale aux Folies Angevines, à Angers. Ce temps fort a réuni de nombreux acteurs de l’ESS, partenaires institutionnels et représentants des collectivités pour échanger sur les impacts de l'intelligence artificielle sur les métiers du secteur et explorer les solutions.  
 

Éthique de l’IA : comment la traduire dans les pratiques quotidiennes de travail ? 

Amélie Cordier, fondatrice de Graine d’IA, est intervenue lors de cette deuxième conférence sur l’angle éthique. En s'appuyant sur l’actualité et le mouvement de boycott de ChatGPT, elle a soulevé une question fondamentale : « Sommes-nous conscients des impacts de l'utilisation de notre voiture, de l'achat de vêtements pas chers, du e-commerce ? Pour tous ces sujets, des labels de référence existent et nous aident "un peu" à faire des choix moins mauvais… et pour l'IA, on a un label ? » 

Un label pour l'IA devrait se baser sur plusieurs critères : l'utilisation des données, le respect du droit d'auteur, l'agenda politique des dirigeants, les mesures de sécurité, l'impact environnemental et les conditions de travail humaines derrière ces outils. Bien que complexe, cette exigence de transparence reste essentielle pour ne pas se laisser aveugler par les narratifs dominants imposés.  

« Rester exigeant, c'est probablement le meilleur filtre contre le narratif ambiant. « Ne pas l'être, c'est accepter de se laisser aveugler ».  

Amélie Cordier a posé le décor pour pousser la réflexion au sein des entreprises de l’ESS.  

 

L’IA dans l'ESS : comment anticiper les changements des pratiques par la formation et le dialogue social ?

Autour de la table : 

  • Frédéric Rampion, responsable formations digitales et innovation chez Education & Formation,  a présenté les travaux de la commission innovation et IA du Synofdes et les enjeux d’un organisme de formation face à l’IA. 
  • Pierre-Alexis Nicolas, directeur technique d’Ettic Connect, a partagé sa réflexion sur la mise en place de l’IA et leurs premiers impacts constatés.  
  • David Ballanger, secrétaire général adjoint CFDT, a exposé le point de vue des salariés et proposé des réponses par le dialogue social.
  • Aurélien Barthe, chief data officer de la MGEN, a abordé l’exemple d’une mutuelle et comment celle-ci se projette dans l’IA. Quels garde-fous ? Quelles formations pour les salariés ? Comment les échanges se sont déroulés avec les partenaires sociaux ? 

Ce temps de table ronde a suscité de nombreuses questions pertinentes, notamment : « Comment protéger les employés et les organisations qui choisissent de ne pas utiliser l'IA d'une éventuelle stigmatisation ? »  

 

Un employeur a-t-il droit d’interdire l’usage de l’IA à ses salariés ?   

Nicolas Fédélich, juriste du droit social à l’UDES a présenté devant une salle très attentive, les points juridiques permettant de poser une réflexion autour de l’encadrement de l’IA dans sa structure. Quelles sont les obligations des employeurs ? Que dit le droit du travail concernant les usages de l’IA ? Faut-il une charte ? Finalement, de nombreuses questions, que les employeurs peuvent oublier de se poser ou de poser à leurs salariés avant d’utiliser l’IA.  

 

 

Le mot de la fin 

En clôture de cette rencontre régionale, le président de l'Union, David Cluzeau, a rappelé que le dialogue social reste un levier concret face aux mutations économiques actuelles : 

« L’IA est une question politique et pas technique. Elle pose la question de la vision du travail que l’on porte. Pour l’UDES, le travail doit être un facteur d’inclusion et d’émancipation, et pas un facteur de production. Nous devons agir par le dialogue social pour faire de cette vision une réalité dans nos entreprises » 

 

 

Une rencontre régionale sous le signe de la coopération 

Cette rencontre régionale a constitué un temps précieux pour échanger avec les acteurs et partenaires de l'UDES en Pays de la Loire. À cette occasion, Gilles Cavé, président de la Cress Pays de la Loire, et Chloé Durey, directrice, ont pris part au Collège de l'UDES qui s'est tenu l'après-midi. Ce moment a permis de faire le point sur le protocole de coopération, d'en souligner l'importance pour mener des travaux communs et de porter un message commun Cress-UDES en région.  

 

 

 

 

L’événement a été soutenu par la MGEN Solutions.

Pays de la Loire

Chiffres clés

En Pays de la Loire, l’ESS emploie 165 413 personnes, ce qui représente 13,1 % de l’emploi salarié sur le territoire. La région compte 15 419 établissements employeurs, soit 12,7 % du total des établissements de la région.

Source : Edition 2020 de l’Atlas commenté de l’économie sociale et solidaire, Observatoire national de l'ESS – ESS France

 

En Pays de la Loire, l’UDES représente* plus de 59 000 salariés et environ 2 290 entreprises :

  • Services sanitaires, sociaux, médico-sociaux à domicile et services à la personne : 318 structures et 11 303 salariés
  • Etablissements sanitaires, sociaux et médico-sociaux : 96 structures et 15 755 salariés
  • Mutualité : 15 structures et 7 400 salariés
  • Spectacle, Animation, Activités récréatives, Sport, Education populaire : 1 454 structures et 11 84 salariés
  • Coopératives : 218 structures et 7 668 salariés
  • Insertion, Formation, Actions de prévention et d’accompagnement à caractère social, Petite enfance : 191 structures et 5 914 salariés

Source : Analyse interne réalisée par le pôle relations sociales de l'UDES (octobre 2022)

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