Présentée le 13 octobre lors d'une table ronde dédiée, l’étude ReVeS² constitue le deuxième volet des travaux menés par l'Institut méditerranéen des métiers de la longévité (i2ml) pour l'Ocirp et la Fondation Ocirp. Si la perception du vieillissement professionnel varie selon les secteurs et les profils, reste à trouver des solutions adaptées à chaque entreprise pour améliorer les dispositifs d’accompagnement au maintien dans l’emploi et la cohésion intergénérationnelle.
Alors que la littérature scientifique est encore pauvre sur le sujet des séniors en entreprise, l’enjeu de cette deuxième phase de l’étude était d’approfondir la connaissance scientifique des représentations sociales des salariés séniors.
Voici les principaux enseignements à retenir :
- C’est à 51,4 ans en moyenne que l'ensemble des répondants considère qu’un salarié devient « sénior ». L’âge d’entrée dans cette catégorie est perçu comme plus tardif par les personnes appartenant à l’ESS (54,5 ans), les personnes plus âgées et celles en reconversion professionnelle.
- Les répondants jugent qu’il serait bon que les séniors soient formés en priorité à l’informatique et aux nouvelles technologies (l'adaptation au changement et la maîtrise du numérique restant perçues comme des freins majeurs). En miroir, les salariés plus jeunes sont perçus comme devant être formés au savoir-être, à la posture professionnelle et aux codes de l'entreprise.
- 83 % des répondants déclarent qu’il n’existe pas de dispositifs en faveur des salariés séniors dans leur entreprise ou méconnaissent leur existence, soulignant un besoin fort d'accompagnement concret et opérationnel plutôt que de simples chartes de principe.
- L’étude révèle une cohésion d'équipe globalement préservée, reposant sur une transmission bidirectionnelle des compétences : les plus jeunes apportent de nouvelles pratiques numériques et méthodologiques, tandis que les séniors apportent du recul, de la sagesse et une mémoire précieuse de l'organisation.
- Un contraste ressort entre la perception explicite, plutôt en faveur des séniors (associés à la maturité, l'expérience, la stabilité et la fidélité), et les représentations implicites marquées par des stéréotypes de fin de carrière ou d'obsolescence technologique.
- Ce constat confirme que la notion de « salarié sénior » relève avant tout d’une construction sociale qui met en valeur l’expérience et l’expertise reconnues des collaborateurs, tout en soulignant un niveau d’inclusion professionnelle qui reste à renforcer.
Cette étude, dont vous pouvez retrouver les résultats ci-joints, s’inscrit dans un programme de recherche pluriannuel conduit par l’i2ml pour l’Ocirp. Elle constitue la transition vers les prochaines étapes prévues jusqu'en 2027 : l'animation d'ateliers de co-construction de solutions pragmatiques pour favoriser le bien-vieillir en activité, suivis d'une analyse d'impact au sein des organisations.
Téléchargez l’intégralité des résultats de l’étude.
Quel accompagnement des salariés séniors dans les entreprises de l’ESS ?
Le débat qui a suivi la présentation des résultats a réuni Benoît Roig, président de l'Université de Nîmes, David Cluzeau, président de l'Udes et Marie-Anne Montchamp, directrice générale de l'Ocirp autour de l’accompagnement des carrières dans l’économie sociale et solidaire par les employeurs, les institutions et les partenaires sociaux.
« Notre responsabilité en tant qu’employeurs est de travailler pour que cette question du sénior n’apparaisse pas ; c’est-à-dire qu’on arrive à avoir des parcours qui soit suffisamment balisés avec des entretiens réguliers, des propositions de formations professionnelles, des adaptations du poste. » a déclaré David Cluzeau.
« Notre manière de concevoir l’emploi est normative et repose sur une égalité absolue pour tous les salariés. Il faut pousser l’égalité des chances pour rép
ondre aux besoins spécifiques. La question du sens est majeure pour retrouver l’appétence et l’adhésion à un projet commun. Le partenariat social est essentiel pour un traitement collectif de la réponse. » a déclaré Marie-Anne Montchamp.
« La cohésion sociale passe par la cohabitation des différentes populations. Pour assurer la continuité des parcours et des vies, il faut faire comprendre qu'il s'agit d'un cheminement global : nous gagnons tous à favoriser le lien intergénérationnel dès le plus jeune âge. » a souligné Benoît Roig.














