Magazine ACT'ESS N°9 | Au cœur de l'ESS : Les métiers du prendre soin face au défi du recrutement

Les métiers du prendre soin face au défi du recrutement

La plateforme mise en place par la Métropole de Lyon vise à rendre plus attractifs les métiers de l’autonomie et à accompagner les candidats potentiels. Ce dispositif bénéficie du soutien d’APICIL, soucieux d’agir en faveur du grand âge en perte d’autonomie.

Dans un contexte de vieillissement de la population, comment faire face aux besoins croissants de personnel dans les métiers de l’aide à la personne, alors que le secteur souffre d’un très sérieux manque d’attractivité ? Afin de relever ce défi, la Maison métropolitaine d'insertion pour l’emploi de Lyon a créé en 2018 la plateforme des métiers du prendre soin. Sa mission principale est d’optimiser le recrutement et de sensibiliser les demandeurs d’emplois à ces métiers en les accompagnant tout au long de leur formation.

« Les besoins sont énormes. En 2050, sur la métropole de Lyon, 48 % de la population aura plus de 70 ans. Sur notre territoire qui regroupe 59 communes, 5 470 postes sont à pourvoir. Plus des trois-quarts de ces postes sont considérés comme difficiles à pourvoir », souligne Samuel Tocanier, chef de projet des métiers du prendre soin au sein de la Maison métropolitaine d’insertion pour l’emploi.

« Notre rôle : donner envie d’aller vers ces métiers »

La sensibilisation des publics visés passe par des actions concrètes : organisation d’évènements de découverte des métiers ; visites des structures en lien avec la filière ; rencontre avec des conseillers emploi spécialisés ; parcours d’accès à la formation ; mise en relation des candidats et des employeurs. « Nous avons un besoin criant d’auxiliaires de vie. C’est le métier pour lequel nous avons le plus de mal à recruter. Notre rôle, c’est de donner envie d’aller vers ces métiers », explique Samuel Tocanier.

L’an passé, 180 personnes ont ainsi été accompagnées. 106 ont accédé à une formation d’aide-soignant, dont 44 en alternance. 74 personnes l’ont été sur d’autres projets et 61% d’entre elles ont accédé à un emploi ou à une formation. Grâce à la plateforme, le taux de réussite à l’entrée à la formation d’aide-soignant est de 78 % alors que le taux moyen national d’admission est de 41 %.

Ce mode de fonctionnement permet de recruter des candidats souvent éloignés de l’emploi : allocataires du RSA, personnes issues des quartiers prioritaires ou jeunes envoyés par les missions locales. C’est la grande force du projet : parvenir à recruter des gens qui ne seraient jamais venus spontanément vers ces métiers. Reste bien sûr à pérenniser l’œuvre entreprise.

Dans de nombreuses structures, les salariés ne restent pas. « Il faut approfondir la réflexion sur les raisons de cette désaffection. Recruter c’est bien, fidéliser c’est mieux », explique Pascal Blanchard, vice-président de la métropole de Lyon, en charge de la politique santé solidarité handicap et grand âge. « Nous devons agir sur trois leviers pour renforcer les vocations : la rémunération, bien sûr, mais aussi la considération que méritent ces métiers ainsi que le management. Ces métiers ne sont pas faciles et il faut les rendre attractifs sans faire de fausses promesses car la société en a grand besoin. Face aux évolutions, si nous ne relevons pas
ce défi, tout risque de s’effondrer ».

L’avis de Sylvie Salavert « Agir sur l’attractivité des métiers en développant la formation »

« La plateforme des métiers du prendre soin est une initiative très prometteuse dans un contexte de perte d’attractivité des métiers d’aide à la personne. En effet, outre les problèmes de recrutement, ce secteur souffre d’une forte sinistralité marquée par un taux d’accident plus élevé que dans le BTP. Nous devons agir collectivement pour améliorer la qualité de vie au travail des intervenantes à domicile. Plusieurs leviers sont soutenus par la Carsat Rhône-Alpes dans le cadre de sa stratégie : renforcer la formation des auxiliaires de vie - sur les bonnes postures par exemple ou encore sécuriser le logement et accompagner les structures dans la mise en place d’une flotte automobile. Cette plateforme est aussi un lieu de partage du diagnostic entre les institutions et les services d’aide à domicile concernés pour agir ensemble pour plus d’efficience au service des seniors. »

Sylvie Salavert est directrice de l’Action sociale à la Caisse d’assurance retraite et de santé au travail (Carsat) de Rhône-Alpes.

L’avis de Lucio Campanile « Le développement de l’aide à domicile passe par une revalorisation des métiers »

La plateforme a permis une prise de conscience de l’urgence de promouvoir les métiers du "prendre soin", en particulier les soins à domicile. De plus en plus de personnes expriment leur désir de bien vivre et de bien vieillir à leur domicile. Pendant longtemps, les ehpad ou institutions d’accueil ont été privilégiés.

Aujourd’hui les personnes concernées vivent mieux dans leur environnement, avec leurs familles, leurs meubles, leurs souvenirs et tous les effets positifs d’une vie sociale et de l’autonomie. Les métiers de l’aide à domicile sont donc amenés à se développer, mais cela doit passer par une revalorisation des métiers, notamment en termes d’image. Il faut aider les personnels à progresser professionnellement. C’est une nécessité à considérer non pas comme un coût mais comme un investissement pour l’avenir.

La plateforme donne un vrai coup de pouce en ce sens. En parallèle, les structures de l’UNA innovent de plus en plus pour créer des parcours et des évolutions de carrière attractifs pour les salariés les plus jeunes : le travail en équipe, la formation aux situations liées au handicap ou au grand âge, etc.

Lucio Campanile est président de l’UNA Rhône métropole de Lyon (Union nationale des associations d’aide à domicile)

INITIATIVE LE BUS APICIL AU PLUS PRÈS DES AIDANTS

« Le groupe Apicil a fait le pari de créer sur son territoire un modèle innovant d’accueil pour les aidants sous l’impulsion de la Fondation France répit. En parallèle de l’offre développée depuis trois ans par la Métropole aidante, des rendez-vous sont organisés pour aller vers les publics en demande grâce au Bus Apicil, un lieu mobile, spécialement aménagé pour dispenser de l’écoute et du conseil. L’idée : faire de Lyon le premier territoire aidant de France. »

Nathalie Gateau, directrice Action sociale retraite au Groupe Apicil

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